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Match retour de Peter Segal le film de 2014

Il y a ces projets qui effraient dès le début, ceux où l’on sent un producteur peu scrupuleux nous faire le coup du fameux « et si… ? ». Certaines créations du cinéma font d’ores et déjà bel et bien parti de l’Histoire du média et il est parfois inquiétant de voir s’entrechoquer des références cultes et grandioses sous prétexte du fameux « et si ? ». Match retour rentre inévitablement dans cette optique : et si on faisait un film de boxe entre Rocky Balboaet Jake « Raging Bull » La Motta ? Soyons honnêtes avec nous-mêmes : passé ses allures d’échec artistique pré-programmé, il s’avère que la comédie de Peter Segal s’en tire mieux que prévu.

L’histoire du film Match retour

Synopsis : Henry « Razor » Sharp et Billy « The Kid » McDonnen sont deux boxeurs de Pittsburgh propulsés sous le feu des projecteurs grâce à leur rivalité ancestrale. Chacun a eu l’occasion de battre son adversaire à l’époque de sa gloire, mais en 1983, alors qu’ils s’apprêtaient à disputer un troisième match décisif, Razor a soudain annoncé qu’il arrêtait la boxe : sans explication, il a ainsi brutalement mis fin à leur carrière à tous les deux.

Trente ans plus tard, le promoteur de boxe Dante Slate Jr., y voyant une occasion de gagner beaucoup d’argent, leur fait une offre irrésistible : monter sur le ring pour obtenir leur revanche une bonne fois pour toutes.

Il y a ces projets qui effraient dès le début, ceux où l’on sent un producteur peu scrupuleux nous faire le coup du fameux « et si… ? ». Certaines créations du cinéma font d’ores et déjà bel et bien parti de l’Histoire du média et il est parfois inquiétant de voir s’entrechoquer des références cultes et grandioses sous prétexte du fameux « et si ? ». Match retour rentre inévitablement dans cette optique : et si on faisait un film de boxe entre Rocky Balboa et Jake « Raging Bull » La Motta ? Soyons honnêtes avec nous-mêmes : passé ses allures d’échec artistique pré-programmé, il s’avère que la comédie de Peter Segal s’en tire mieux que prévu.

Le retour de Rocky Balboa dans le film de Peter Segal

Le cap le plus dur à passer pour l’appréciation du film est probablement le concept en lui-même et ce qu’il comporte : accepter de voir Stallone et DeNiro ridiculiser des mythes qu’ils ont eux-mêmes façonné. Rien ne rassure dans le début du métrage : les avatars retouchés numériquement des deux challengers n’offrent pas vraiment un contexte grisant et l’on tombe directement sur l’image de DeNiro que nous cherchons tous à éviter désormais : la fameuse grimace, ce sourire forcé éculé comme jamais qui a par ailleurs orné également Malavitade Luc Besson.

On finit par se prêter au jeu et esquisser des sourires lorsque les protagonistes s’envoient des scuds à la tête. Des blagues courtes et plutôt efficaces, de quoi compenser la lourdeur du genre « film de vieux » médiocrement représenté par Red, Last Vegas et compagnie. Tout le monde s’en donne finalement à cœur joie et le film assume finalement pleinement la bêtise de son concept jusqu’à la fin, par ailleurs, avec un gag final plutôt bien senti.

Match retour se fend donc d’une certaine honnêteté que le réalisateur ne perd pas de vue. Évidemment, si la réalisation est quelque peu impersonnelle au possible, on évite tout de même tous les effets de style douteux que le genre aurait pu imposer au profit d’une homogénéité et d’une fluidité sur laquelle nous ne cracherons pas. Le revers de la médaille (en chocolat, n’exagérons pas non plus), c’est la prévisibilité du film. Bien entendu que quelque part, le genre l’impose, mais on peut toujours regretter cette tournure facile quand, quelques années auparavant, Sylvester Stallone nous offrait un Rocky Balboa à l’écriture maitrisée comme jamais. Une conclusion faite dans l’intelligence et dont il aurait été agréable d’avoir un écho plus mature dans Match retour.

Il faut bien l’avouer, la comédie sportive de Peter Segal se retrouve finalement presque être une sympathique surprise. Le film catastrophique attendu s’est finalement mué en un honnête divertissement qui a le mérite de remplir le contrat avec son spectateur par rapport à ses prétentions. Passé le deuil de Jake La Motta et Rocky Balboa, on prend un malin plaisir à voir tout ce petit monde cabotiner avec un entrain empli de sympathie. On pourra toujours rouspéter contre le concept douteux ou un milliard et demi d’autres détails, mais tant qu’à faire, autant profiter de ce qu’on nous propose ici plutôt que d’aller nous infliger Robert DeNiro commentant Les Affranchis dans Malavita ou encore le préquel à venir de Raging Bull.

Published in Films

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