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Le film Europa Report de Sebastien Cordero en 2013

Diffusé lors de l’édition 2013 de L’Étrange Festival de Paris, où nous l’avons malheureusement raté, faute de temps, mais aussi et surtout d’une programmation riche en films intéressants, Europa Report de Sebastián Cordero sort en France le 24 janvier 2014 directement en DVD et Blu-ray distribué par Metropolitan FilmExport. Du coup, pour faire amende honorable, sur CineHeroes, on rattrape notre retard en revenant sur cette production Guillermo Del Toro pas comme les autres, un film de science-fiction, certes bancale, mais sans grande prétention et intéressant à plus d’un égard.

L’histoire du film Europa Report

Synopsis : Un équipage international d’astronautes est missionné par une société privée sur Europe, l’une des Lune de Jupiter, pour y chercher d’éventuelles traces de vie. Après un atterrissage catastrophique dû à une défaillance technique, le contact avec la Terre est perdu. Les 6 astronautes se retrouvent seuls sur cette planète glacée, et sont bien loin d’imaginer ce qu’ils vont y découvrir…

Europa Report suit, à la façon d’un faux documentaire, une équipe internationale d’astronautes envoyée en mission sur « Europa », la quatrième lune de Jupiter, afin d’enquêter sur la possible existence d’une forme de vie extra-terrestre dans notre système solaire. Lorsque les sondes suggèrent qu’un océan caché pourrait exister sous la surface gelée d’Europa et pourrait contenir une forme de vie unicellulaire, « Europa Ventures », une société d’exploration spatiale privée, envoie six des meilleurs astronautes mondiaux afin de confirmer ces données. Après une panne technique quasi-catastrophique qui entraîne une perte de communication avec la Terre et la mort tragique d’un membre de l’équipage, les astronautes survivants vont tout tenter pour mener à bien le reste de leur mission et rentrer sur terre avec le résultat de leurs recherches.

Lorsque le film commence le centre de contrôle de la mission « Europa One » renoue le contact avec la navette spatiale après des mois de silence radio, récupérant ainsi tous les enregistrements des multiples caméras embarquées à son bord jusqu’à présent prisonnières de la navette. Un dernier contact, faisant office d’immense testament, où les astronautes lèguent à l’humanité leurs incroyables découvertes sur la lune de Jupiter. Le film de Sebastián Cordero, lui, met en scène les images rendues publiques et montées de ce dernier contact, permettant ainsi au spectateur de retracer les horribles événements survenus durant la mission, commentés par la patronne d’« Europa Ventures » et agrémentés des interviews des divers astronautes, un peu à la manière du très mauvais Phénomènes paranormaux, un « mockumentary » (Faux-documentaire) avec Milla Jovovich et Elias Koteas sur des enlèvements extra-terrestres.

Le concept au cœur d’Europa Report et qui a séduit Guillermo Del Toro, c’est que la totalité du récit est construit sur des faits scientifiques avérés, faisant écho à certains découvertes scientifiques récentes (en 2003 la mission « Galileo » chargée de révéler l’existence d’un océan sous la couche de glace recouvrant la surface d’Europa a été accomplie avec succès). Comme les astronautes du film les scientifiques de la NASA supposent qu’il existe une forme de vie dans l’océan se trouvant sous l’épaisse couche de glace d’Europa, ce qui sert bien évidemment de caution à la crédibilité de cette œuvre étrange à la croisée du film de Science-fiction, du Found-Footage spatial (rappelez-vous le très mauvais Apollo 18 de Gonzalo Lopez-Gallego) et le Faux-documentaire. Ainsi, Contrairement à ce qu’on l’on pourrait croire en entendant Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss II lors de l’introduction du film, en guise de clin d’œil pas très subtil à Kubrick et à 2001 L’Odyssée de l’espaceEuropa Report ne joue pas la carte du récit métaphysique pour mettre en scène l’horreur vécue par les astronautes lors de leur séjour sur la lune de Jupiter, mais donne au contraire dans la Hard Science. C’est un peu à la Science-fiction spatiale, ce que Primer est au voyage dans le temps. Malgré un cruel manque de moyens qui se révèle d’ailleurs souvent frustrant pour le spectateur, le cinéaste voue un véritable culte au genre et redouble d’ingéniosité pour insuffler à cette histoire l’angoisse éprouvée par les protagonistes, perdus sur une terre des plus inhospitalières.

Servi par un casting international trois étoiles –

où Anamaria Marinca (4 mois, 3 semaines, 2 jours) côtoie Sharlto Copley (manifestement plus à l’aise dans la peau d’un regular guy que dans celui d’un méchant, comme le prouve ses immondes prestations dans Elysium et dans OldBoy) et Michael Nyqvist (Millenium) – c’est surtout la bonne compréhension et l’appropriation judicieuse de la grammaire du Found Footage par le cinéaste qui fait tout le sel d’Europa Report. Exit ici la Shaky Camexaspérante qui déconstruit généralement l’ensemble des productions du genre. L’ensemble des séquences sont construites à partir des images issues des camera de la station et des combinaisons des astronautes. Véritable journal de bord, les images nous prennent à témoins, construisant un espace oppressant qui force l’empathie du spectateur et ce même si le point de vue « neutre » des caméras invite à rester en retrait. Mais c’était sans compter le score tétanisant de Bear McCreary (le compositeur de la série The Walking Dead), ou même le montage des diverses caméra qui dramatise à merveille et insuffle tout la tension nécessaire au récit. Alors certes, le film ne renouvelle pas le genre et tout reste très balisé. Comme dans la grande majorité de ces films, la première partie d’Europa Report est plutôt ennuyeuse et les différents twists prévisibles. Pourtant, pour sa première incursion dans le genre science-fictionnel, l’équatorien Sebastián Cordero livre une œuvre tenue, intéressante et bien plus intelligente qu’il n’y paraissait.

Technique autour du film :

Image : Pour ce qui est du Master HD de l’édition Blu-ray de Metropolitan, il n’y a pas grand-chose à redire. L’image des caméras HD disséminées aux quatre coins de la navette offre un rendu précis et léché qui épouse à merveille les couleurs grisâtres de l’intérieur de la navette, mais aussi les quelques effets spéciaux du film parfaitement intégrés, accentuant ainsi le sentiment de claustrophobie que construit le récit.

Son : Le Blu-ray que l’on a eu la chance de tester ici comprend deux pistes audio VO et VF en DTS-HD Master Audio 5.1. Grosso modo, les deux mixages sont identiques. Bien évidemment la VO offre un mixage un peu plus équilibré en ce qui concerne les voix et la gestion de l’ambiance sonore, notamment lors des séquences hors de la navette, généralement accompagnées par le score de Bear McCreary. Pour une expérience un peu plus crédible préférez donc la version originale.

Interactivités : Quatre minuscules modules nous sont offerts sur les galettes DVD et Blu-ray du film. Consacrés aux effets spéciaux, à la navette spatiale (« Le voyage vers Jupiter »), à la conception des décors illustrant la surface d’Europa et à la musique de Bear McCreary ce petit tour des coulisses techniques du film nous en apprend un peu plus sur sa conception, même si dans l’ensemble cela reste bien trop maigre pour que l’on apprenne quoi que ce soit.

Published in Films

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