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FRANKENSTEIN’S ARMY de Richard Raaphorst (2013)

Après l’avoir loupé lors de son passage à l’Étrange festival en septembre dernier, nous rattrapons ici notre retard avec sa sortie vidéo. Disponible dans toutes les bonnes crémeries depuis début Décembre 2013, Frankenstein’s Army de Richard Raaphorst se positionne dans la branche nazie du cinéma d’exploitation contemporain. Cela dit, le film surfe aussi sur la vague du found footage qui se poursuit aujourd’hui avec la saga des Paranormal Activity.

L’histoire du film  Frankenstein’s Army

Synopsis : Allemagne, 1945. La fin de la Guerre est proche… Partis en reconnaissance, des soldats russes découvrent un laboratoire secret nazi. A l’intérieur, un savant fou dénommé Viktor Frankenstein est parvenu à créer une armée invincible de soldats morts-vivants qui menace de déferler sur le monde. Dans ce repaire de l’horreur, le dernier stratagème d’Hitler doit être définitivement stoppé.

Derrière le projet se cache donc Richard Raaphorst. Véritable touche-à-tout, ce néerlandais travaille aussi bien dans la mise en scène que dans les départements artistiques. On peut notamment retrouver son nom au générique du Black Book de Paul Verhoeven. À la fois, designer des créatures, scénariste et producteur, Raaphorst passe de la réalisation de court à celle de long-métrage avec Frankenstein’s Army. Pas sûr que ce titre soit du plus bel effet sur son CV.

Nous suivons une escouade russe envoyée en mission dans l’Allemagne de 1945. Le Troisième Reich s’effondre et l’URSS progresse de plus en plus dans les territoires conquis par les nazis. La caméra dans laquelle nous sommes est là pour attester de l’avancée soviétique, jusqu’à ce que l’escouade ne finisse par croiser la route de dangereuses créatures, moitié humaine et moitié autre chose. Ces soldats russes vont devoir lutter pour pouvoir survivre face à ces monstres en partie mécanisés. La mission change alors pour retrouver et capturer le savant fou qui a créé ces choses, présenté sans l’être comme un descendant du mythique docteur Frankenstein. Sans tomber dans le paranormal, on est assez proche de l’ambiance visuelle de jeux-vidéo comme Return to Castle Wolfenstein et ses über-soldats.

Une aventure avec quelques problèmes de film

Mais avant de s’aventurer plus loin dans les (nombreux) problèmes du long-métrage, il faut que les choses soient claires : Richard Raaphorst n’est pas un réalisateur. Avec cette histoire, il a choisi de positionner son film dans la lignée de Dead Snow et d’Iron Sky, qui avaient eu aussi une belle vie en festival. Aussi médiocres soient ils, ces deux autres films de « nazisplotation » cherchaient à faire du cinéma. Or, en prenant le parti du dispositif conscient si typique du found footage, Richard Raaphorst ne cesse de trébucher et ne cesse renchéri sur ses propres bêtises (pour rester poli) et fautes de goût. Frankenstein’s Army s’adresse d’abord à un public qui, soit est vraiment très très indulgent, soit n’y connaît vraiment rien au cinéma.

En à peine cinq minutes, le projet se casse déjà complètement la gueule dans son ambition en confondant caméras super 8 et caméscopes modernes. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune caméra fonctionnant avec de la pellicule n’enregistre le son. Le montage artificiel étant envahi d’effets de vieillissement qui n’apportent rien, les changements de focale coupent le son, l’enregistrement audio est sensible à des assourdissements et tout cela pour nous justifier plus tard qu’un micro est en effet attaché à la caméra, c’est tout simplement prendre son spectateur pour un con. Les quelques bons usages des codes du found footage se compte sur les doigts d’une main. Si vous n’avez pas déjà jeté votre disque au feu ou utilisé comme dessous de verre design, c’est à un sombre ennui auquel vous allez bons confronter.

Un bon film à voir une fois ! Mais pas plus

Alors que tout le monde par en Anglais avec un fort accent (russe ou allemand selon les camps), les mésaventures fantastiques de ces soldats mal mises en scène auraient pu être fun si l’écriture s’était accordé un minimum de second degré. Malheureusement, toute l’horreur ou le gore de Frankenstein’s Army ne parviennent jamais à soulever le moindre intérêt de ce méchant bordel. Les vingt dernières minutes permettront à l’acteur tchèque Karel Roden (La Mort dans la peauLargo Winch) qui tient le rôle du scientifique de se hisser dans le haut de ce panier d’œufs pourris. On aurait pu alors éviter la catastrophe, car Frankenstein’s Army pouvait être un très bon jeu-vidéo. C’est finalement un très mauvais film.

Avant de greffer des foreuses rouillées et des tournevis à des nazis, Richard Raaphorst aurait mieux fait de se greffer un cerveau avant de se lancer Frankenstein’s Army.

Bonus : En plus d’une VO et d’une VF en DTS Master Audio sur l’édition Blu-ray, on retrouve également un making-of d’une trentaine de minutes recouvrant l’ensemble de la production. On découvre Richard Raaphorst aussi bien dessiner les différents monstres qui apparaîtront dans Frankenstein’s Army qu’en repérages dans une ancienne mine tchèque transformée en musée. Plus qu’un documentaire sur le tournage du long-métrage, ce making-of disponible sur le Blu-ray et le DVD nous donne un aperçu du bon déroulement de la production. Même après cela, il est difficile de faire remonter le film dans notre estime.

Published in Films

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